vendredi 27 septembre 2019

276

Continuons de décortiquer la tenue cousue pour le concours d'Artesane.
Et cette fois si, c'est le tour du short. Qui est issu du patron Port Trousers de Pauline Alice. Une de mes marques, si ce n'est LA marque, de patron préféré.
J'aime tout ou presque chez Pauline, même les patrons qui me plaisent moins me font de l’œil ^^ Il y a toujours une foule de détail, et son amour des poches me comble à chaque fois. Je trouve ses patrons dans l'air du temps mais pratiques au quotidien. Et enfin une marque de patrons qui ne propose pas robe sur robe sur robe. Il y a du manteau, de la veste, du pantalon, tout ce que j'aime.


A la sortie de ce patron (mars 2017 !), je l'ai acheté dans l'idée de me coudre des pantalons. La coupe chino me plaisait bien, et après mes essais avec le Gilbert de République du Chiffon, je n'avais pas retenté la couture de pantalon. Alors que j'aime vraiment bien ça, c'est plutôt rapide mais avec assez de détails pour s'amuser.
J'ai tenté un essai du pantalon Port, en velours tout mou, essai complètement raté, dû je pense au tissus qui n'avait pas assez de tenue. Ça pochait de partout et les jambes du pantalon vrillaient pour un effet des plus inesthétiques.
J'ai alors remisé au placard ce patron. Et abandonné la couture de short / pantalon. Je n'avais pas les connaissances techniques nécessaire pour faire les ajustements et comprendre d'où venaient mes erreurs.

Mais avec le défi d'Artesane et mon envie d'avoir une garde robe 100% faite main, j'ai ressorti ce patron. Et puis, j'en ai un peu marre d'avoir une tonne de patron jamais utilisés ou presque. J'ai vraiment l'impression de gâcher un potentiel et d'avoir des trésors qui dorment. Et bon, il fallait bien lui donner une seconde chance à ce petit patron ^^


Pour me faciliter la vie et redécouvrir ce patron, j'ai décidé de coudre la version short. Un short qui tombe un peu mal, je trouve ça moins grave qu'un pantalon. Il peut pocher au niveau des fesses, ça passera alors que sur un pantalon, ça donnera une impression de trop grand.
Et le short rentrait mieux dans mon thème du défi : le we printanier cool mais chic.

Par flemme du décalquage, j'ai gardé mes pièces de patrons du pantalon déjà décalquées et coupées, car il n'y a que les poches qui changent vraiment entre la version pantalon et la version short. Bon, le short a peut être les jambes un poil plus large mais c'est tout. J'ai donc juste raccourci les jambes de mon pantalon pour avoir mon short. C'est quand même chouette de pouvoir couper son tissus tout de suite sans devoir tout décalquer.

Au niveau du tissus, j'avais craqué sur le site des Coupons de St Pierre, pour un de leur fameux coupon de 3 m. Un beau jean's kibrille ! Le lurex c'est la vie !
 Jean's un peu épais et pas très souple. Mais pour un short sans chichis, il va très bien. Et plus de 4 mois après l'avoir cousu, et autant de temps à le porter, je peux vous dire qu'il est de bonne qualité. Il n'a pas bougé, le lurex est toujours là et je continue à briller de mille feux quand je le porte :-D


Au niveau couture, comment ça c'est passé ? Et bien, très bien !
Les explications sont simples et claires. De toute façon, il n'y a rien de très compliqué.
Il y a des poches plaquées à l'arrière, qui sont trop hautes à mon goût de quelques cm, je les ai rabaissés sur mes autres versions de 2 ou 3 cm et c'est bien mieux.
Des poches italiennes devant, avec une construction qui change un peu (le fond de poche n'est qu'un seul morceau de tissus !).
Des pinces dans le dos.
Une ceinture qui se monte comme un col de chemise, façon Pauline Alice, c'est à dire simple, efficace et pour un résultat parfait.
La pose de la braguette peut sembler compliquée à première vue (et je n'avais rien compris la première fois, il y a 3/4 ans), mais en suivant les explications mot pour mot sans réfléchir, ça se fait tout seul.
Des passants, que j'ai pris dans la couture de la ceinture puis remontés pour les coudre en haut de la ceinture. Je ne suis pas sur d'être très claire, mais j'explique ça très bien dans mon dernier épisode de podcast.

Je me suis appliquée sur les détails et j'ai pris du temps pour faire toutes les surpiqûres type jean's. J'ai trouvé un fil orange / camel dans mon stock et j'ai recopié toutes les surpiqûres de mes jean's achetés dans le commerce. Sur les poches, le long des coutures de côté et d'entrejambes, les renforts dans les coins des poches... Partout ! C'est long car il faut changer le fil sur sa machine à chaque fois et c'est minutieux car il faut que les doubles surpiqûres soient vraiment parallèles, mais ça donne ce côté fini et abouti que j'adore.
Seule petite déception, mon fil était trop fin et pas mal de surpiqûres ne se voient presque pas. Il faut que je me trouve du fil spécial jean's, je sais que Mondial Tissus et Gütermann en vendent.


Comme j'ai porté ma version kibrille tout le printemps et le début de l'été, je me suis décidée à en coudre d'autres. Pour enfin avoir des tenues entièrement faites main, du haut en bas. Le kiff pour toutes les couturières tricoteuses !
J'ai fait une version en toile rami blanche de chez Stragier. Ce tissus est une belle découverte, un tissage un peu plus grossier que le lin, mais il ne se froisse pas autant, très agréable à travailler et à porter Quoi que ma vision est un peu faussée, car j'ai doublé le short avec un voile de coton blanc, pour éviter toute transparence !

Mes seules modifications pour ce short, ont été sur la longueur. Je le voulais plus court que la version kibrille. Pour un côté plus moderne et chic. Il est plus serré que le jean's, alors que coupé dans la même taille, mais comme je ne lave pas mes tissus avant, la toile rami a du plus rétrécir au lavage que le jean's.
Et toujours ce haut jaune que j'ai porté tout l'été. Merci Camaïeu de l'avoir cousu pour moi !!


La dernière version de cet été (car oui je vais en faire d'autre !) a été dans une toile de coton bleu marine, que j'ai acheté chez Agnès b à Lyon. Pour coller au tissus, j'ai voulu une coupe plus baroudeur / roots. J'ai donc rajouté un plis creux sur le devant et élargi les jambes. J'aime beaucoup aussi cette version, parfaite pour construire des châteaux de sable sur la plage avec mes minus.
Et avec ma chemise cousue pour le défi d'Artesane, on peut dire que la boucle est bouclée !


Je vous laisse avec un petit zoom sur mon début de collection de doublure en Liberty ! Toutes en Besty et ses 100.000 colorisations. 
J'avais ces petits coupons dans mes placards, que j'avais acheté pour des cadeaux de naissance. L'avantage d'une doublure de ceinture et de poche étant que ça ne mange pas beaucoup de tissus. Parfait pour se faire plaisir sans se ruiner ! 



vendredi 28 juin 2019

275

Haut les cœurs ! La canicule n'aura pas notre peau, et je vais vous donner chaud avec mes manches longues et mon jean's 😉
On va regarder un peu plus en détail, la chemise de ma tenue pour le concours Mission Garde Robe d'Artesane.


Je suis une inconditionnelle des chemises. Je ne porte presque que ça au quotidien et je couds beaucoup de chemises / chemisiers / blouses avec col. Je trouve que cela habille n'importe quelle tenue, et je suis devenue une accro du col qui dépasse du pull ou du gilet ^^
Comme toute fan girl, je collectionne un peu trop les patrons de chemise. Je trouve à chaque fois un détail qui me donne envie d'acheter. Et quand Atelier Scammit, la marque chouchou de ma copine chouchou Gris Mouton, a sorti un nouveau patron : la chemise Azur, j'ai cédé aux appels des sirènes et je l'ai commandé. La chemise, c'est THE patron pour découvrir le sérieux ou non d'une marque. Beaucoup de pièces, des détails techniques, des finitions à la pelle, on sait très rapidement si la marque tient la route.
Ici, nous avons une chemise avec plusieurs options : col normal ou col froufrou. Longueur normale ou robe. Poignet normal ou froufrou. Le bas arrondi façon chemise ou droite. Possibilité de rajouter une patte pour tenir les manches retroussées. Sur le papier, tout pour me plaire ! J'aime tellement ces patrons qui proposent plusieurs versions. Je me rends compte que je n'achète plus que ça ou presque.


Cette version est ma deuxième. Ma toile, tout à fait portable et portée, m'a permis de me rendre compte de plusieurs détails qui me chiffonnent :

- La chemise est trop large pour moi. Je préfère celles qui ont plus de fit et sont plus près du corps. Là dessus, rien à dire, c'est un choix de la marque. Et c'est assez facile à modifier. J'ai coupé une taille en dessous pour les manches et la largeur du dos et des devants.
- Le col est lui aussi beaucoup trop large. C'est impossible de le porter fermer, il y a beaucoup trop de d'espace entre mon cou et le col. Je ne trouve pas cela joli du tout. Je n'ose imaginer l'effet avec le col froufrou. Pour moi, c'est un défaut de patronage, j'ai eu la flemme de le reprendre, sachant que je ne ferme jamais mes chemises (sauf celles à col froufrous).
- Le col, encore, est en une seule pièce. Pied de col et col fusionné. Pour être franche, je n'aime pas ça. Je ne trouve pas les finitions parfaites et il manque vraiment une couture entre ces deux pièces pour donner de la tenue à l'ensemble. Je préfère prendre le temps et monter un vrai col qu'essayer de gagner quelques minutes avec cette pièce fusionnée.
- Le col, toujours, Atelier Scammit, propose de ressembler le col et la chemise avec un biais. Ce qui n'est pas la finition "académique". J'étais assez curieuse avant de le coudre. Après l'avoir testé deux fois, je ne suis pas convaincue : oui cela ajoute une jolie finition sur l'envers avec ce biais. Mais sur l'endroit je n'aime pas cette couture qui arrive à 0.5mm sur le corps de la chemise, et je ne vous raconte pas les surépaisseurs, surtout si vous rajoutez du passepoil comme moi aux empiècements devant.


Vous l'avez compris, je ne suis vraiment pas emballée par ce patron. Il s'agit en fait d'une chemise version allégée, parfait pour toutes celles qui veulent se lancer. Il y a quand même de nombreux points techniques dans ce patron (empiècement pris en fourreau, col même si il est simplifié, poignet...) mais pour quelqu'un comme moi qui cherche les défis techniques et les finitions au poil de chameau, ce n'est pas le bon patron !
Je suis quand même très contente de cet achat, même si je ne pense plus coudre de chemise avec. J'ai pu découvrir le travail de la marque et je suis devenue amoureuse de leur pochette. Ce sont les plus belles et les plus qualitatives que j'ai vu jusqu'à maintenant. A cela, on rajoute une vidéo qui montre l'intégralité de la couture de la chemise, et on est fan ! Bon, petit bémol personnel, je n'aime pas les photos dans les livrets d'explication, ce n'est pas aussi clair à mon goût qu'un schéma.
On sent qu'il y a énormément de travail derrière ce patron et ça j'aime. J'ai également acheté la blouse Petite Chose (ces fronces 😍). Dès que je trouve 5 min dans mon planning de ministre, je la couds !


Et sinon le tissus, on en parle ?? Comme pour le patron, sur le papier il était fait pour moi ! Du lurex, du léopard pas trop kitch, du bleu, un coupon de 3 m des coupons St Pierre qui ne coûte pas un bras. Tout ce que j'aime. Sauf que c'est de la viscose.
Et là c'est le drame ! Cette couture m'a vraiment permis de me rendre compte que je n'aime pas porter des hauts en viscose. Les trucs fuyants, les cols qui ne tiennent pas, non vraiment c'est pas mon truc... J'ai déjà quelques blouses / chemises en viscose dans mes placards, que je ne portais pas ou très peu. J'ai mis du temps à comprendre que ça venait de la matière et non pas d'un problème de coupe ou de patronage. Il faudrait que j'entoile les cols, pattes de boutonnage, poignets, pour arriver à un résultat qui me convient. Sauf que l'entoilage ne m'aime pas ! Je n'arrive jamais à avoir un beau résultat, à chaque fois l'entoilage se fait se barre pendant la couture. J'ai beau le thermocoller sans vapeur et laisser reposer les pièces au moins 1h avant de les manipuler, ça ne loupe jamais, le truc se décolle dès que je le manipule un peu. Et à la fin, il ne tient plus du tout, et je me suis cassée la tête pour rien !

Voilà, je fais coming out : j'aime le coton.


Ce qui tombe plutôt bien, quand on regarde mon placard à tissus : 95% des coupons sont en coton. Et je crois qu'il ne me reste plus qu'un ou deux coupons en viscose. Je tenterai encore une fois l'entoilage et après on ne m'y reprendra plus ^^

Cette couture et cette chemise sont donc en demi teintes. Je ne pense pas beaucoup porter ce vêtement, mais il m'a permis de découvrir une chouette marque et mettre enfin le doigt sur ce qui me chiffonnait avec la viscose. C'est ce que j'aime avec la couture (ou le tricot), ce que chaque projet me fait avancer, que le résultat final soit bon ou mauvais, j'apprends toujours quelque chose et j'affine mes connaissances et techniques !

mercredi 29 mai 2019

274

Aujourd'hui, lançons une petite série d'articles sur le super concours proposé par Artesane pendant ce mois de mai : Mission Garde Robe !
Le principe du défi garde robe est très simple : se coudre une tenue complète pour le printemps. A chacun et chacune de déterminer l'occasion de porter cette tenue  : le travail, un mariage, le sport, cool à la maison...


Artesane nous a aidé à remplir nos objectifs, tout le long du concours, en nous faisant remplir un petit cahier. Ainsi, il était plus facile de choisir des vêtements, des couleurs et des matières qui s'accordaient bien entre elles, afin d'avoir un dressing raisonné et des coutures que l'on porte !
Je me suis tout de suite retrouvée dans cette démarche, car c'est ce que j'essaie d'appliquer depuis quelques temps dans mes loisirs créatifs.
Comme beaucoup, je me suis déjà retrouvée à coudre un tissus ou un patron parce qu'il était beau. Et une fois fini, soit le tissus ne correspondait pas à mes looks habituels, soit ne collait pas avec le patron (trop rigide, trop fluide), soit le patron n'allait pas à ma morphologie, ou soit encore ne s'intégrait pas dans mes tenues. A quoi bon coudre une jupe crayon si je n'en porte jamais, ou coudre un tissus orange si je ne porte que du bleu ?


Alors avant même de m'imaginer allumer ma machine à coudre, j'ai réfléchi. LA grande question existentielle : qu'est ce qu'il me manque dans ma garde robe ? Au lieu de me coudre un truc qu'il me fait envie (oh tiens une blouse bleu marine, presque la même que les dix dernières coutures...), il fallait que je trouve les pièces que je n'avais pas en handmade.
Pour certains types de vêtements, je ne porte que du cousu main : les hauts. Il est de plus en plus rare que je porte une blouse, ou une chemise achetée dans le commerce. Je commence à avoir une jolie collection, vu que je ne couds presque que ça ! Au niveau des pulls / gilets, je suis sur du  3/4 tricoté main. Et le quart manquant, j'y travaille. Il me manque des bons basiques comme le gilet bleu marine ou noir et j'ai la laine qu'il faut sur mes aiguilles ou dans mes placards.
Et le reste ? Les bas, manteaux, robes et jupes ? J'ai un tout petit peu de fait main, mais je porte majoritairement du commerce, voir de l'intégral prêt à porter. Et c'est bien dommage ! J'aime tellement pouvoir dire que toute ma tenue a été conçue, imaginée, cousue et tricotée par mes petites mains. Ça donne un tel sentiment de satisfaction !

Puis j'ai réfléchi à l'occasion de porter la tenue. D'accord, cela fait toujours plaisir de coudre une belle robe pour un mariage ou un baptême, mais si ce n'est pour la porter que deux fois dans l'année, c'est un petit peu dommage. Et le coût de rentabilité est bien élevé ! (Pour le calculer, je prends le coût total que je divise par le nombre de fois que j'ai porté la pièce). Donc exit la jolie robe, je préfère partir sur une tenue tout terrain, pour courir après mes trois chouchous (bon surtout courir après les deux grands, en portant le petit troiz), avec des détails chics et kibrille. Moi tout simplement ! Oui, oui j'essaie de tendre vers un look chic mais décontracté et fun avec du kibrille. Pas sur d'y arriver, mais ça fait du bien d'essayer de le faire. En gros pour résumé : une lady farmer fun... Tout un programme !


Bon alors cette Lady Lirbis Farmer fun ? En vrai de vrai, ça ressemble à quoi ? Et bien tout est parti de cette veste, la Serra Jacket de Pauline Alice, j'ai eu un véritable coup de cœur à la sortie du patron. Sauf que, ce n'est pas du tout mon style, je ne porte ni d'imper, ni de veste de sport, et pour le trench de la version C j'ai le patron Magnesium d'Ivanne Soufflet. Mais je n'arrivais pas à me l'enlever de la tête. Et puis j'ai eu la révélation, cette Serra Jacket me rappelait énormément les Barbour. Ces veste très très gentleman farmer, portées entre autre par la famille royale d’Angleterre. Cousues dans une matière assez spécifique : le coton huilé. L'ancêtre de nos toiles cirés et autres tissus imperméables.
Je me suis alors lancée le défi assez dingue de me coudre ma Barbour. Dans un délai très court. Ce fut le parfait coup de pied aux fesses dont j'avais besoin.

Et pour compléter cette veste ? Un short bien sur, parfait pour crapahuter en ville ou en campagne. J'ai utilisé le patron Port Trousers de Pauline Alice, déjà en ma possession.
Et une chemise, pour le côté chic. De toute façon, je ne porte que ça ou presque au quotidien. Je n'allais pas changer. J'ai utilisé le patron Azur d'Atelier Scammit. Depuis peu en ma possession, j'avais pu le coudre déjà une fois pour le tester.


Dans les jours qui viennent, je présenterai en détails ces trois pièces, qui s'intègrent très bien à ma garde robe. Et qui bien sur, vont encore mieux ensemble ^^

jeudi 9 mai 2019

273

Et dire que j'étais sur d'écrire plus activement sur ce blog... Est ce qu'on peut mettre la vie sur pause ?!?

Mais, je ne me laisse pas abattre et aujourd'hui on va parler tricot, garance, défaire et refaire et vitamine D.


C'est le nom de ce patron, assez connu du milieu tricot / ravelry. Créé en 2011 par Heidi Kirrmaier, ce gilet avec des pans asymétrique, un joli drapé et des troutrous qui rythment tout ça, a été un grand succès. 4855 projets sur Ravelry !! Comme à la grande époque de la Droguerie, où tout le monde devait avoir tricoté son GRR (Gilet à Rangs Raccourcis), le Vitamin D fait partie de ces tricots iconiques, qu'il faut avoir fait !
Oui mais.
Vu la forme des devants, il faut mieux une laine avec un beau drapé, pas trop lourde et carton. Et ce n'est jamais évident de décider que telle laine, en écheveau, va avoir le bon rendu. Sauf si on prend de la soie, là à priori ça devrait bien matcher !


Reprenons depuis le début, l'année dernière, pendant ma pause grossesse / fatigue / glande, j'ai eu en cadeau d'anniversaire, un écheveau de Twinkle Garance de ByNight Creations. La couleur est très belle, un rose légèrement grisé, légèrement nuancé et légèrement pailleté avec sa stellina cuivre.
Puis j'ai gagné un écheveau au choix, lors d'un concours, chez ByNight : je lui ai demandé un deuxième écheveau de Twinkle Garance, j'ai eu de la chance, c'était le même bain ! J'en ai profité pour commander un troisième écheveau, pour pouvoir me tricoter un pull ou un gilet. Et voilà, il n'y avait plus qu'à choisir le patron et le tricoter.
Sauf que, j'ai mis beaucoup de temps à me décider et à me motiver. J'ai commencé seulement en décembre dernier, et ce n'était pas du tout le Vitamin D.

J'avais eu un coup de cœur pour le pull Mimosa de Nale. Et j'ai voulu le faire, malgré les différences de taille de laine, le patron est conçu pour de la worsted (19 mailles pour 10cm), ma Garance est de la fingering (26 mailles pour 10cm). J'ai passé une soirée entière à faire de savants calculs pour déterminer quelle taille tricotée, #zerocerveau depuis l’accouchement ! 
 Je ne fais pas durer le suspens plus longtemps, j'ai détricoté ce projet... Après avoir tricoté tout le corps et une manche, donc presque à la fin. Il n'était pas assez loose à mon goût. Et surtout, je me suis rendue compte que j'avais déjà un pull rose dans mes placards, pull que je ne porte pas très souvent. Alors quel intérêt d'avoir deux pulls roses qui prennent la poussière ?
Et me voilà donc repartit à la recherche du patron idéal...


Pendant le tricot du Mimosa, j'avais pu remarquer que la laine était assez souple, d'où l'idée du vitamin D. J'étais sur que le gilet allait bien tomber. Et puis, j'avais déjà ce patron dans ma patronthèque (je l'ai même tricoté une fois presque en entier et depuis il dort... #procrastrinationpower) et comme j'essaie de rentabiliser tous mes différents achats, laine, tissus, patrons... Parce que ce n'est pas en entassant de la matière première qu'on remplit sa garde robe ^^
Bon, il ne faut pas oublier que je sortais d'une période de glande total. Il m'en restait encore quelques morceaux, j'ai décidé de retricoter ce gilet sans détricoter le pull. Donc au lieu de me trimbaler un écheveau bobiné, je me trimbalais un pull presque entier. Très très pratique dans le métro ou au parc. Mais j'ai gagné pas mal de temps et surtout je n'ai pas perdu ma motivation pour cette laine.
Pendant le tricot, mes mailles n'étaient pas du tout régulières, à cause du "frisage" de la laine déjà tricotée. Pas mal de personne (au moins 2, oui c'est beaucoup pour moi !!) m'ont dit que le blocage n'allait pas lisser cette irrégularité, j'ai tenté et tant mieux pour moi, car après blocage, le tissus est aussi régulier que mes autres tricots.
La laine est vraiment de qualité, le détricotage ne l'a pas du tout abîmée. Et après le blocage, elle est hyper douce, je passe la journée à me carresser. Ça fait très égocentrique, mais j'assume, je profite de ma laine. Je n'ai pas assez de recul pour sa tenue sur le long terme. En tout cas, je ne la ménage pas. Maman de trois jeunes enfants, soit je ne porte pas mes tricots soit je les porte et ils en voient de toutes les couleurs ! J'espère pouvoir vous parler de son vieillissement dans quelques mois dans un podcast : "que sont ils devenus ?"


Sinon, le patron Vitamin D est écrit de manière un peu particulière. Il y a des tableaux avec le nombre de mailles pour chaque taille. Cela peut dérouter au début, mais une fois qu'on a compris le principe (des lettres dans le texte du patron renvoient aux colonnes du tableau), ça va tout seul. Et cela permet d'avoir un patron très clair et pas trop chargé.
Le gilet tombe bien, pas de soucis d'emmanchure serrée ou autre. Il est peut être un poil court. Il faudra peut être que je rallonge la prochaine version.
Car oui, c'est sur et certain, il y aura une prochaine version. J'ai déjà la laine et ce sera mon prochain tricot. Je vais enfin tricoter mes précieux écheveaux de soie bleu marine (vous connaissez ma passion pour le bleu marine ^^) J'ai très hâte de les tricoter. Mais il faut que finisse d'abord un autre détricotage / retricotage. Je suis en mode : "je vide mes placards de "vieilleries""

En tout cas, je ne regrette pas du tout ce changement de projet. Je porte beaucoup plus de gilet que de pull. Comme je couds mes blouses / chemises, j'ai envie qu'elles soient vues et non pas cachées sous un pull. D'ailleurs, ça m'empêche de tricoter beaucoup de projets qui me plaisent, il y a vraiment de beaux pulls sur Ravelry, mais je m'auto bloque toujours, ou alors j'essaie de voir si on peut upgrader le pull en gilet.


Je ne suis pas sur que les stellinas soient voyantes sur les photos, et dans la vie de tous les jours on ne les voit pas beaucoup non plus. Mais je sais qu'elles sont là et ça me suffit pour être de bonne humeur. Et oui, les paillettes me rendent joyeuses, j'ai envie de pétiller comme mes tenues ! (#philosophiedujourbonjour)

samedi 15 décembre 2018

272

Je finis cette petite semaine spéciale Magnolia de Deer and Doe avec mon ultimate Magnolia. J'ai rarement passé autant de temps sur une couture, entre les deux toiles et les derniers ajustements sur celle ci. Mais j'en suis assez fière !
Vous excuserez ma tête fatiguée sur les photos, les nuits entrecoupées depuis un peu plus de 3 mois commencent à se faire bien ressentir ^^


La genèse de cette robe se résume assez simplement : robe de fête pour baptême, classe, bleu marine, féminine et doré. J'avais envie pour le baptême de Junior #3; d'une robe confortable mais en même temps classe et avec une longueur mi mollet. Esprit 50's, ajustée à la taille, mais assez longue et avec si possible du volume en bas.
J'avais donc trouvé le patron parfait avec pas mal d'ajustements, il me fallait le tissus. Je voulais du bleu marine et du doré, mon combo absolu. J'avais déjà tout ce qu'il fallait dans les placards pour assortir cette future robe. J'ai pas mal regardé du côté des doubles gazes mais j'avais peur que cela ne fasse pas assez habillé. Et que la jupe n'est pas un beau tombé. Sans oublier le prix, il m'en fallait 4 m, je vous laisse faire le calcul pour les très beaux tissus Atelier Brunette ou France Duval Stalla.
Et un jour, me baladant innocemment à Mondial Tissus (oui je me balade souvent dans un magasin regorgeant de tissus sans aucune idée derrière la tête ^^) je suis tombée sur ce jacquard, épais mais pas trop, d'une couleur et d'un motif parfait. Comme un signe du destin, c'était lors de leur promo 1m acheté = 1m offert, et ce tissus était dedans. Sauf qu'ils n'avaient pas les 4m nécessaire en magasin... Heureusement pour moi, le site internet avait tout ce qu'il fallait.


Parlons un peu technique, j'ai coupé comme ma version précédente un 38 en corsage et un 40 partout ailleurs. J'ai récupéré le col froufrou du chemiser mouchoir de Delphine et Morissette et les bracelets de manche de la blouse Carme de Pauline Alice.
J'ai continué d'ajuster le corsage, en réduisant le côté de la pièce 3 (devant corsage côté) comme sur la première photo. J'ai aussi fait un mini ajustement petite poitrine sur la pièce 3 et l'autre pièce du corsage (photo 2 et 3) en enlevant un peu de tissus seulement au dessus des seins, vu que l'excédent de tissus se situait là. J'ai enfin "raccourci" l'encolure en tirant sur la pointe du corsage (photo 3 le trait rouge en bas, qui correspond à la couture de la ceinture et du corsage).


Cet ensemble d'ajustements m'a enfin permis d'avoir un corsage qui tombe bien, sans dévoiler ma poitrine dès que je bouge, et je peux vous dire qu'avec 3 enfants en bas âge, je bouge beaucoup ! Je n'ai pas eu besoin de coudre ensemble les deux corsages et cela permet à la robe de mieux tomber, sans plis disgracieux.
Bon, il y a toujours un petit soucis en bas du corsage, entre les seins, je pense que j'ai mal situé les pointes des devants corsages, ce qui tire sur le tissus. Mais bon, vu le résultat du début (sur ma première toile) le résultat final me convient bien !
Superman est plutôt ravi du résultat, les découpes princesses et le décolleté (un petit peu plongeant quand même) rend l'ensemble assez sexy. Ça moule ce qu'il faut mouler. Il faut mieux ne pas avoir de complexe sur sa poitrine pour porter cette robe. Et avis aux petits seins, avec ce vêtement vous allez avoir une poitrine de rêve ! Voyez l'effet wahou avec mon 90B.


Le col froufrou m'a demandé encore plus de temps que sur ma version précédente. Le soucis venant du tissus. Assez épais, et pour froncer un tel tissus il faut s'armer de patience. J'ai cru que mes deux fils de fronces allaient se casser à force de tirer dessus. Et je n'ai pas pu faire des fronces aussi serrées que voulues, le col descend donc plus bas que sur l'autre version. Mais ce n'est pas plus mal, ça habille pas mal la gorge comme ça. Avec du recul, je me rends compte que je n'aurai pas du faire la doublure dans le même tissus, mais dans un coton bleu marine plus fin. Cela aurait surement mieux rendu, et on ne voit presque pas la doublure.
J'ai mis un biais kibrille pour finir l'encolure. Celui d'Ikatee toujours, il ne me gratte toujours pas ! J'en avais acheté une bonne quantité et j'ai bien fait, vu qu'elle n'en vend plus. Elle a du être dévalisée.


Pour les poignets de manche, j'ai décidé de prendre le verso du tissus, histoire de rajouter du kibrille (oui je n'en ai jamais assez !) et de casser un peu le côté too much de l'imprimé. D'ailleurs quand j'ai exhibé fièrement ma robe à Superman pour la première fois, il m'a demandé pourquoi j'avais cousu une robe de chambre... Merci mon chéri, rappelle moi de ne plus jamais te demander ton avis !
Bon, il n'a pas tord, sans veste et sans accessoire, les petits ronds donnent presque mal à la tête.
Comme j'ai cousu les poignets de manche après le col, j'ai pu éviter la grosse galère de la fente indéchirable. En effet, je l'ai cousu dans un coton bleu marine assez fin, car je n'ose imaginer le truc avec le jacquard, en triple épaisseur sur une toute petite largeur... J'ai été assez étonné de la qualité du jacquard, il marque assez bien au fer, bon on ne parle de la qualité d'une batiste de coton, mais il gardait les marques pas trop mal.


Une fois toute la robe cousue, et avant l'ourlet final, j'ai pu l'essayer. Je peux vous dire que la fente jambe est très très sexy. Trop pour moi ! Je l'ai refermée sur une bonne dizaine de cm. De manière à ce que l'ouverture arrive juste au dessus du genou. Et pas au milieu de la cuisse comme mis sur le patron. Je trouve qu'avec un décolleté comme celui ci, il voit mieux jouer le côté sage pour le bas de la robe.

J'avais coupé la version A de la robe pour la longueur de la jupe, donc extra longue. De ce que j'en ai vu, ça tombait parfaitement pour mon 1.70m. J'ai recoupé mi mollet, avec un tissus lourd comme le jacquard, la robe tombe mieux. Et ça permet de montrer ses chaussures ^^ Pour le baptême j'avais mes chaussures à talons dorés à paillette kibrilleeeeeee. Mes chouchous. J'en suis à imaginer mes tenues en partant de ces chaussures !
J'ai du couper deux fois, pour arriver à la longueur optimum. Ce n'est pas évident de mesurer quand on porte la robe et qu'on est seule. Mais l'avantage de cette longueur, c'est que 5 cm de plus ou de moins ne sont pas choquant. Contrairement à la longueur au dessus du genou, où là les 5cm en moins ne pardonnent pas.


Et voilà encore une belle tartine. Cela a beau être ma troisième version, j'avais encore une tonne de chose à dire sur ce patron. Je suis quand même un poil déçue, le corsage a nécessité trop d'ajustements et je me trouve un peu coincée au niveau des emmanchures. Comme je n'ai pas le niveau technique suffisant pour les modifier, je n'y ai pas touché.

Malgré cela, je peux vous assurer que j'ai fait sensation le jour du baptême. Et c'est tout ce que je lui demandais !

jeudi 13 décembre 2018

271

Et on continue cette folle semaine (oui rien que ça !) sur le patron Magnolia de Deer and Doe patterns. Voici ma deuxième toile avec de grosses modifications.


En effet pour gagner un peu de temps et de tissus, j'ai cousu une version blouse. Bon, c'est aussi parce que je porte beaucoup plus de blouses au quotidien que de robe !
Après avoir examiné ma première magnolia sous toutes ses coutures, j'avais décidé d'un plan d'attaque : tenter le corsage une taille en dessous avant de faire un ajustement petite poitrine. J'ai donc coupé les pièces corsages en 38 et le reste est resté en 40.
J'ai récuperé le col froncé de la chemise mouchoir de Delphine et Morissette. Et pour la basque, j'ai pris un grand rectangle de tissus que j'ai froncé.
Le tissus est un sergé de coton d'Ikatee, C'est un imprimé designé pour Ikatee et il est canon !
Voilà pour les présentations.

En rentrant un peu plus dans les détails, je peux vous dire que réduire le corsage d'une taille à bien aidé au fit, mais ça ne suffit pas.
Je me suis retrouvée avec les mêmes soucis que la première toile. Un amas de tissus en trop au niveau des seins et une hauteur de buste toujours trop courte. Ce qui fait bailler le décolleté et déballe la marchandise au premier venu. Superman est ra-vi !


J'ai encore une fois scruté ma couture, pour essayer de comprendre d'où venait le problème. J'avais la conviction qu'un ajustement petite poitrine ne serait pas suffisant. J'avais vraiment trop de tissus à mon goût.
J'ai aussi regardé toutes les versions trouvées sur IG et thread and needles. J'ai remarqué que beaucoup avait le même soucis que moi.
j'ai remarqué en portant le corsage cousu mais sans les manches que l'excédent de tissus se situait en fait sur la pièce 3, le corsage devant côté. Et donnait l'impression que cette pièce était trop large, j'avais un gros plis au niveau de la couture du côté, mais seulement sous le bras et pas au niveau de la ceinture. J'ai donc recoupé cette pièce comme le trait rouge l'indique : 


Ça a grandement contribué à réduire cette poche de tissus, mais ça n'a pas suffit. Au lieu de découdre tout le corsage, j'ai décidé de laisser en l'état et de faire les autres modifications sur ma troisième version, qui sera la bonne j'en suis sur !
Mais je n'avais pas du tout réglé le soucis de l'encolure qui baille. J'ai cousu ensemble les deux devants, au niveau de la jonction. Pour éviter d'être topless au moindre mouvement. Le résultat n'est pas très heureux, mais je n'avais plus le courage de découdre et recoudre.


Parce que, j'avais déjà passé une tonne d'heure sur mon encolure. Vous voyez le truc trop mignon avec passepoil et col froufroutant ? Et bien ça demande des heures et des heures de couture. Entre la couture du passepoil, le fronçage du col, le bâti du col, la couture du biais (en deux fois), j'ai du coudre 5 ou 6 fois cette encolure. Il faut être sur d'avoir assez de fil avant de se lancer dedans, car c'est très consommateur. Mais le résultat en vaut le coup !
A éviter avec un tissus assez épais, car il y a beaucoup d'épaisseurs en même temps : biais + passepoil + devant / dos + col (doublé). Et, je dis merci à ma bonne machine à coudre, qui a avalé ces épaisseurs sans rouspéter. J'ai fini l'encolure avec un biais kibrille mais qui ne gratte pas. Cette petite merveille vient d'Ikatee. Bon Gris Mouton m'a dit qu'à la longue le biais la grattait, ici aucun soucis de grattouillage, je suis pourtant assez sensible à ça.

D'ailleurs, cette histoire de biais me fait penser que je ne vous en ai pas parlé dans mon dernier article. Deer and Doe préconise une finition au biais de son encolure. Très bien. Mais alors les explications... Je n'ai pas compris. Il faut plier le biais en deux puis coudre, le retourner et coudre. Plier le biais en deux ???? Je me suis retrouvée comme une poule devant un couteau, et j'ai monté le biais de manière traditionnelle. En recoupant un quart pour éviter les sur épaisseurs. 


J'ai également modifié le bas des manches. Je n'aime pas les poignets élastiqués, je porte la plupart du temps mes manches remontées et c'est impossible ou presque à faire avec la finition proposée par D&D. J'ai ressorti la blouse Carme de Pauline Alice (mon patron chouchou du monde entier et de l'univers) et j'ai récupéré le bas de manche et le poignet de manche dessus.
Ça ajoute un poil plus de travail, avec les fentes indéchirables, mais je trouve que la finition est +++ et en vaut le coup. 

Pour la basque, je ne me suis pas cassée la tête. Comme expliqué un peu plus haut, deux rectangles, des fronces et hop c'est fini ! J'ai préféré enlever la ceinture de la robe, car j'avais peur du résultat. Bon, là on a un côté très sophistiqué et travaillé en haut et un côté très loose et sans trop de détails en bas, Superman n'aime pas du tout. Moi j'aime bien justement cette différence, ça permet de faire un peu moins habillé, et un peu plus portable au quotidien. 

J'ai aussi zappé la fermeture éclaire invisible. Ma poitrine passe limite, mais ça passe. Alors une difficulté en moins !


Une deuxième toile portable mais loin d'être parfaite. Cela ne m'empêche pas de la mettre régulièrement, j'aime vraiment l'ajout du passepoil et du col frou frou. Ça upgrade ce patron qui avait une encolure un peu trop nue à mon goût !
Rendez vous demain (ou après demain) pour découvrir ma Ultimate Magnolia. La robe la plus parfaite de ma garde robe (sauf ses coutures qui me grattent, spoiler ^^)